De la cartographie au SIG
Avant les années 1960, la cartographie informatique n’existait pas. Les données étaient alors traitées par superposition de cartes dans le but de mettre en évidence des liens ou des absences de relations entre les données de ces cartes.
Ainsi, le SIG (ou Système d'Information Géographique) s’inscrit dans la continuité de la cartographie. Il se définit comme un système d'information capable d’organiser et de présenter des données spatialement référencées.
Etroitement liée aux sciences géographiques, l’application du SIG a permis de mener des recherches et de comprendre l’exploitation des ressources d’un territoire. Il faut attendre les années 1990 pour employer le SIG dans le domaine archéologique, la discipline évoluant avec les progrès en télédétection.
Les utilités du SIG sont multiples :
- présenter et géoréférencer des données de terrain
- exercer des simulations (comme la rugosité spatiale)
- réaliser des cartes archéologiques constituant des inventaires aux données spatialisées
- montrer l’évolution chronologique à l’échelle d’un territoire ou d’un site
- superposer des couches d’informations
Le Système d’Information Géographique s’applique donc à de nombreux domaines d’utilisation comme l’aménagement urbain, la gestion durable, la géomatique, la topographie, l’occupation des sols, etc. Les SIG sont aujourd'hui essentiels en archéologie. A l'aide de logiciels dédiés, l'archéologue peut ainsi traiter et analyser des données spatiales à différentes échelles.
L'Histoire de la cartographie
Les premières cartes géographiques remontent à près de 2500 av. J.C, comme la tablette d'argile de Ga-Sur, en Mésopotamie. On peut déjà y distinguer des représentations schématiques de montagnes, de rivières et d'habitations.
Dès l'Antiquité, la géographie est la "représentation par le dessin de la partie connue de la terre dans sa totalité" (Ptolémée, I, 1). Néanmoins, jusqu'au Ve siècle av. J.-C., la terre habitée, appelée "oekoumène" chez les Grecs, est conçue comme un disque plat entouré d'un océan circulaire. Ce sont les campagnes d'Alexandre le Grand et l'intervention d'Aristote qui contribuent à mettre en évidence la sphéricité de la Terre.
Au fil des siècles, les limites géographiques se précisent : la carte devient un véritable support imagé des données géographiques et descriptives.
Au IIe siècle ap. J.-C., Claude Ptolémée (astronome et géographe grec) publie le Manuel de géographie. Malgré des erreurs, l'ouvrage constitue une référence jusqu'au XVIe siècle.
De nos jours, de nombreux atlas et cartes ont été numérisés et sont accessibles sur internet.
Les années 1960 marquent l'émergence du SIG. Le système permet alors de stocker des bases de données sur un ordinateur central et d'enregistrer des coordonnées. La première version du SIG est le Système d'Information Géographique Canadien (SIGC), mis en place par le géographe britannique R. Tomlinson.
En 1970, les premiers logiciels SIG sont commercialisés. L'usage de l'information géographique se généralise : cartes topographiques avec un SIG, création d'outils embarqués, etc. Les logiciels libres font également leur apparition.
Aujourd'hui, le SIG est un outil informatique indispensable dans le stockage, le traitement et la valorisation des données cartographiques.